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Psycho-Oncologie

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 ARTICLE VOL 6/4 - 2012  - pp.231-244  - doi:10.1007/s11839-012-0395-x
TITRE
Deuil et vulnérabilité psychique chez les personnes âgées

TITLE
Grief and psychological vulnerability in the elderly

RÉSUMÉ

Depuis 1989, en France, les cancers sont la première cause de décès chez l’homme, et la deuxième chez les femmes. Le deuil d’un proche à cause d’un cancer est une problématique qui traverse l’ensemble de notre société, dont l’espérance de vie a par ailleurs augmenté. La littérature spécialisée investigue depuis plusieurs décennies les différences entre deuil normal et deuil compliqué/pathologique. Récemment, un ensemble de symptômes caractéristiques de ce trouble a été identifié et isolé dans la nosographie. L’âge avancé serait un facteur de risque de développement d’un deuil compliqué, notamment dans le contexte d’un veuvage et lorsque la personne décédée souffrait d’une maladie grave comme le cancer. Cependant, cette question d’une vulnérabilité accrue des personnes plus âgées reste débattue, et les déterminants de cette fragilité demeurent méconnus.

Quarante-cinq conjoints de patients atteints de cancer ont été recrutés pendant la période de fin de vie (T1). Les participants ont été évalués une deuxième fois, six mois après le décès de leurs conjoints (T2 ; 27 participants). Les variables indépendantes investiguées sont : l’âge, le style d’attachement (ECR) ; les styles de coping de deuil (IDWL). Les variables dépendantes mesurées sont : l’existence d’une dépression (BDI S-F), le vécu de fardeau (MBCBS), l’intensité des réactions de deuil (ITG), l’ajustement social (SAS-R), le développement post-traumatique (PTGI). Des statistiques descriptives ont été menées à T1 et à T2, ainsi que des analyses de corrélation, et enfin des tests-t pour comparer les moyennes de deux sous-groupes (endeuillés âgés de moins de 70 ans et de plus de 70 ans).

Les analyses montrent que la grande majorité des conjoints fait l’expérience, en fin de vie, de mouvements dépressifs d’intensité variable (m = 6,51 ET = 4,25) et d’un vécu de fardeau subjectif lié au stress : m = 15,02, ET = 3,39. Leur adaptation sociale reste satisfaisante. Six mois après le décès, la symptomatologie dépressive s’est accentuée (m = 9,47, ET = 4,92). Les réactions de deuil sont d’une intensité moyenne : 81,28 (ET = 26,39). L’adaptation sociale globale est plus satisfaisante (m = 0,64, ET = 0,68). Les conjoints ne présentent pas de développement posttraumatique (m = 35,55 < 42, ET = 21,31). En amont du décès (T1), on constate une vulnérabilité accrue des personnes les plus âgées en termes de symptomatologie dépressive et de vécu de fardeau. En revanche, après le décès du patient (T2), les conjoints les plus jeunes (< 70) présentent des scores de dépression et de deuil compliqués plus importants que les conjoints plus âgés. Concernant l’attachement, quel que soit leur âge, les conjoints ont des scores assez équivalents en termes d’attachement insécure. Quant aux stratégies de coping de deuil, on constate des tendances identiques en matière de stratégies orientées vers la perte et de stratégies orientées vers la restauration.

Les sujets âgés constituent une population vulnérable, présentant plus de risque de développer des troubles psychopathologiques en amont du décès. La prévention de tels troubles implique le repérage de ces personnes dès la période de fin de vie des patients atteints de cancer.



ABSTRACT

Since 1989, cancer has been the primary cause of death for men, and the second for women in France. Mourning a loved one who has died as the result of cancer is a problem that transcends all areas of our society, despite life expectancy having increased. For several decades, specialised literature has investigated the differences between normal and complicated/pathological grief. Recently, a set of characteristic symptoms of this disorder was identified and formally classified. Advanced age may be a risk factor for experiencing a more complicated grieving process, especially for widows and when the deceased had suffered from a serious illness, such as cancer. However, this question of increased vulnerability older people remains debatable, and the overriding factors of this fragility remain unclear.

Forty-five partners of cancer patients were recruited in the period around the end of their loved one’s life (T1). The participants were assessed for a second time, 6 months after the death of their partner (T2; 27 participants). The independent variables investigated were: age, nature of attachment (ECR); and the grief coping mechanisms (IDWL). The dependent variables measured were: the existence of depression (BDI S-F), dealing with the burden (MBCBS); the intensity of reactions to grief (ITG), social adjustment (SAS-R) and the development of post-traumatic stress issues (PTGI). Statistical analysis was carried out at T1 and T2, as well as correlation analyses and t-tests to compare the averages of the 2 sub-groups (those grieving who were aged under 70 and those who were over 70).

Analyses showed that, at the end of life, the large majority of partners experienced feelings of depression, at varying levels of intensity (m = 6.51 SD = 4.25) and coped with the subjective burden of stress: m = 15.02, SD = 3.39). How they adapted socially remained satisfactory. Six months after their partner’s death, symptoms of depression became more marked (m = 9.47, SD = 4.92); Reactions to grief were of average intensity: 81.28 (SD = 26.39). The overall social adjustments were more satisfactory (m = 0.64, SD = 0.68). Partners did not present issues relating to post traumaticstress (m = 35.55 < 42, SD = 21.31). Before death (T1), increased vulnerability of the more elderly population in terms of symptoms of depression and coping with stress was noted. However, after the death of the patient (T2), the younger partners (< 70) presented higher depression scores and were more effected by grief than the older partners. When it came to attachment, regardless of their age, the partners had fairly equivalent scores in terms of feelings of insecurity. With regard to grief coping mechanisms, similar tendencies for strategies focussing on loss and strategies centred around recovery were noted.

Elderly patients are a vulnerable group, presenting a greater risk of developing psychopathological disorders before death. The prevention of such disorders involves identifying such people from the time of death of cancer patients.



AUTEUR(S)
L. FASSE, C. FLAHAULT, A. BRÉDART, S. DOLBEAULT, S. SULTAN

Reçu le 10 février 2012.    Accepté le 6 novembre 2012.

MOTS-CLÉS
Deuil, Vulnérabilité, Cancer, Sujet âgé, Fin de vie

KEYWORDS
Grief, Vulnerability, Cancer, Elderly patient, End of life

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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